dimanche 6 novembre 2011

G 20 : à Cannes ils ont tombé le masque - La démocratie irresponsable

Je suis en phase avec le titre de l’hebdomadaire Marianne, cette semaine : « L’Aveu, consulter le peuple ? Une honte disent-ils »

Ce que j’ai vu du G20 à Cannes m’a estomaqué. J’ai vu que les politiciens sortaient du bois et n’hésitaient plus à épouser les visées de l’Europe de Bruxelles, à endosser les habits de technocrates et de financiers, à apparaître avec le vrai visage de cette Union Européenne que les peuples redoutent. L’Europe ne change pas, elle a toujours été l’instrument aveugle d’un capitalisme sauvage, brassant des masses dans des ordres de grandeur qui laissent les humains de côté. C’est ainsi que l’entrée de certains pays dits "à la traîne", comme le Portugal, ou comme certains pays de l’Est s’est traduite en très peu d’années par des afflux de capitaux, la construction de routes, d’usines etc. mais pour les hommes, ce furent de drôles de conflits de génération et des inégalités nouvelles. Ceux qui ont pris le train en marche peuvent à présent gagner leur vie tandis que les fonctionnaires sont par exemple payés 200€ par mois (salaire d’un professeur de collège en Slovaquie). Il a fallu, pour beaucoup de jeunes, choisir entre rester au village (et végéter) ou bien quitter ses racines pour la ville où les attendaient de meilleurs salaires, des supermarchés Carrefour mais aussi l’inflation immobilière… Bref, on imagine les déchirements, les fractures. Les structures familiales dévastées… Et quand j’ai vu en Slovaquie s’élever les nouveaux immeubles (pour les pauvres) à côté des logements collectifs datant de l’ère communiste (mal isolés, délabrés, sans ascenseur…), j’ai trouvé que les nouveaux immeubles étaient pires. Les logements pourris de l’ère communiste, au moins par leur disposition autour d’espaces collectifs (crèches, aires de jeux, parkings à vélo, galeries marchandes et divers équipements) semblaient tendre vers un idéal de vie en commun tandis que les nouveaux ne reflétaient qu’un souci de rentabilité desséchant.

Bref, l’Europe n’a pas changé à Cannes, mais on se souvient que nos dirigeants avaient toujours tenu un double discours, artisans de cette Europe, d’un côté, détracteurs de cette même Europe devant leurs électeurs. Car ils savent parfaitement que les aspirations des peuples n’épousent pas celles de l’Europe financière. 7 référendums (à ma connaissance), justement, l’ont sans exception confirmé.
Le "sauvetage de la Grèce", comme on dit, plus exactement le sauvetage d’un système est apparu comme une nécessité si impérieuse que les principes les plus élémentaires de la démocratie devenaient caduques et même qualifiés d’irresponsables. Voilà la nouveauté : le masque tombe, on le dit tout haut : l’Europe tend vers une forme d’autoritarisme supérieur aux États, aux peuples à la démocratie (Le doux monstre de Bruxelles ou L'Europe sous tutelle Comme l'indique un texte que je recommande de Hans Magnus Enzensberger, Gallimard, 7,5€). C’est vers une nouvelle forme de dictature que nous allons d'un bon pas. Ne plus avoir à sauver les apparences pourrait bien  conduire les dirigeants à raffermir ce régime qui a déjà fait ses ravages en ne se souciant que de masse critique, d’effets d’ensemble, de poids suffisant pour peser dans le jeu mondial.
Vue de Delphes
Que propose le couple franco allemand à une Grèce certes laxiste, sinon une abdication face au pouvoir financier, face au FMI. Voir le visage contracté de Sarkozy, son ton pénétré et solennel face à la gravité de la situation, voilà qui devrait nous faire pouffer de rire : quelle mascarade !  Jeu digne d'un mauvais péplum. Auncune idée nouvelle. Aucun amendement. Rien ! Un plan de rigueur et voilà tout. Tout doux devant le méchant FMI. Carpette!
Colonnes de Delphes
Mais pourquoi est-il impossible de taxer les mouvements de capitaux ? Qui, quoi, qu’est-ce qui empêche de les taxer maintenant ? Pourquoi l’impôt sur le bénéfice des sociétés est d’un tiers pour les PME et de 7% (je ne suis pas certain des chiffres) pour les multinationales ? Pourquoi ne va-t-on pas chercher l’argent là où il est ? Pas de réponse.
Les indignés de la place Syntagma
le jour de la Pâque orthodoxe
Donc, pour en revenir au G20, n’était-ce pas sidérant de voir la réaction du couple franco allemand face à l'annonce de référendum par le premier ministre grec ! N’oublions pas que la Grèce est au bord de l’explosion. J’étais à Athènes au printemps dernier, et ce que j’ai vu dans la capitale m’a profondément choqué. Un squat à ciel ouvert, la misère partout en plein centre ville (plus impressionnant que dans une banlieue éloignée). Un spectacle effrayant qui réveille un sentiment d'hostilité et d'irrépressibles instincts de protection.
La tribune vide du Président devant
le Parlement et face aux indignés
Il y a exactement 10 ans, j’ai fait un séjour dans les Cyclades dont je suis revenu révolté. J’ai vu de quelle façon débridée et cynique un capitalisme minable saccageait ces îles pour en exploiter le potentiel touristique. Ma compagne qui avait parcouru les mêmes lieux cinq années plus tôt était abasourdie : si peu de temps avaient suffi à saper le climat idyllique de ce paradis. J’en avais conservé un souvenir mêlé d'émerveillement  (pour les lieux) et de mépris profond pour ce peuple, pour cet État qui laissait commettre de tels dégâts pour qu’une poignée de crapules avides s’enrichisse sans vergogne.
Bref, à ce peuple au bord de l’implosion, qui manifeste depuis des mois devant  son Parlement, il faudrait imposer un plan de rigueur (baisses de salaires, de prestations sociales, taxes) sans qu’ils donnent leur avis ? Nous courons tout droit à la révolution. Bientôt, ce sont les tanks qu’il faudra envoyer pour maintenir le système financier et la spéculation face aux démocratie irresponsables.
Quelque chose de grave a eu lieu à Cannes. Ne sous laissons pas berner par ces discours. Ouvrons les yeux et préparons nous à des lendemains qui déchantent!


mardi 23 mars 2010

Un début de roman?

A vous d'imaginer la suite...

L’Aventure a commencé par son apparition. Elle était Brune et portait un twin-set Chocolat quand je la vis pour la première fois sortir de la piscine Mabillon. Ce jour là, mon Etoile était sûrement très haute et j’aurais dû aborder celle qu’Uranie avait pris soin de placer sur ma route. Mais je laissais filer ce Papillon pressé de vivre.

Je pensai à elle plusieurs fois le lendemain. Son maintien, ses articulations flexibles, ce cou ployé comme une Fleur sur sa tige… une robe avait passé dans ma vie, et le moindre de ses plis était demeuré parfaitement net dans ma mémoire. Une Passion naissait en moi, comme une petite Musique, au début, qui vous hante, comme un Mystère à mesure que j’y revenais.

mercredi 10 mars 2010

Retour de garde à vue II (pas de pitié pour les quidams)

   
La G.A.V. (garde à vue) 

Je parle d'expérience...
Ceux qui n’y ont pas goûté n’imaginent pas un instant ce qui se joue chaque jour et chaque nuit à leur porte, dans le commissariat de leur quartier. Plus grand sera leur étonnement si leur tour venait. Assuré de son immunité par le seul fait d’être un citoyen ordinaire et sans histoire, chacun se sent à l’abri. Cette tranquillité le rendra plus vulnérable! Les témoignages de personnes effarées concordent : chacun peut finir au poste. Croiser un policier, c’est sans s’en douter frôler le trou. 
Christophe Mercier, critique littéraire au Figaro a raconté son histoire, publiée chez Phébus (Garde à Vue, Phébus, 2007, 30 pages, 3 €)… et Frédéric Beigbeder raconte la sienne dans Un Roman français[1], (Grasset, août 2009, 18 €).  

 Pour ma part, je me rendais tranquillement au travail à vélo quand par inadvertance, je grillai un feu juste devant le Sénat. Pas d’intersection, juste un passage piéton et un feu rendu peu visible par un camion en stationnement provisoire. J’entendis derrière moi un agent me signaler la chose.

Retour de garde à vue


Autoritarisme = procès d'intention


J’avais envie de dire à quel point je peux, parfois, détester mon époque. Mais il fallait encore oser.

Que va-t-on penser de moi ?

Réac, ronchon, raseur, pisse-froid, trouble-fête, faible d’esprit, ressasseur? Tout juste. Mais ceux qui ne veulent pas m’entendre sont des autruches aveugles et ignares. Sus aux enchaînés de la Caverne qui les premiers iront me dénoncer auprès des autorités compétentes !

Je ne dis pas que cette époque est pire qu'une autre, Lazare Ponticcelli n’est plus là pour nous rappeler que la sienne fut dégueulasse. Sans doute, la nostalgie existe chez l’humain depuis qu’il est doté d'un passé.

dimanche 7 mars 2010

Lettre à une amie du Liban



A une amie libanaise qui se plaignait des conditions de vie au Liban et hésitait à revenir en France, j'écrivis le mail ci-dessous. Sachant qu'elle gagnait plutôt bien sa vie comme journaliste dans un magazine féminin qui l'envoyait souvent à l'étranger pour des reportages, qu'elle se payait un voyage en Europe chaque année et au moins deux dans le monde (Amérique du Sud, Asie Madagascar, elle a parcouru toute la planète), je fis ce tableau un peu noirci de la situation française dans l'idée d'éroder ses illusions : 


Voici un petit "tableau parisien" pour t'aider à réfléchir...



Fenêtre sur Hitchcock



A propos de Fenêtre sur Cour, 1954

J’ai découvert Hitchcock. 
Jusque là son cinéma m’ennuyait, je n’y voyais que grosses ficelles et en toute sincérité, je ne comprenais pas qu’on en fît si grand cas. Sachant que la Nouvelle Vague ne jurait que par lui, Truffaut et Rohmer en tête, la question me turlupinait. J’avançais incrédule que ses films avaient vieilli à force d’avoir été copiés.
Et puis j’ai vu Fenêtre sur cour. Un film étrange, tout à fait original, et je vais tenter de dire pourquoi très naïvement.
Vous connaissez sans doute l’argument du film interprété par Grace Kelly et James Stewart.

vendredi 5 mars 2010

Retraites : cotiser plus et gagner moins !



J'ai écrit cette tribune libre lorsque j'étais assistant parlementaire à Nevers, fin 2007. 

Allonger la durée de cotisation pour assurer l’équilibre du régime des retraites, est-ce  inéluctable ? C’est en tout cas le principe retenu pour les discussions à venir sur la réforme. Sauf avis contraire du gouvernement, cette durée passera progressivement de 40 à 41 ans entre 2009 et 2012 pour une retraite à taux plein.